«Qu'est-ce que c'est que ça? dit-il brusquement.

—Je vous demande pardon, répondit Geraldine, mais je crois que vous êtes la personne la mieux autorisée à me donner des informations là-dessus.

—Moi? s'écria le président. Un Club du suicide? Allons, vous voulez rire! Je peux permettre à des jeunes gens d'avoir le vin gai; mais il ne faudrait point insister trop.

—Appelez votre Club comme vous voudrez, dit le colonel, mais vous avez quelque compagnie derrière ces portes et nous désirons nous joindre à elle.

—Monsieur, répondit le président, vous êtes dans l'erreur. Ceci est une maison particulière et je vous saurai gré d'en sortir sur-le-champ.»

Le prince était resté tranquillement à sa place pendant ce petit colloque; mais, lorsque le colonel tourna les yeux vers lui, comme pour dire: «Allons-nous-en, de grâce...»—il retira son cigare et répondit:

«Je suis venu ici sur l'invitation d'un de vos amis. Sans doute il vous a informé des motifs qui justifient notre démarche. Permettez-moi de vous rappeler qu'un homme qui se trouve dans les conditions où je suis, n'a point à se gêner et n'est nullement disposé à tolérer des impertinences. Je suis très pacifique d'ordinaire; mais, cher monsieur, vous allez me rendre le service que je demande ou bien vous aurez lieu de vous repentir de m'avoir jamais admis dans votre antichambre.»

Le président poussa un bruyant éclat de rire.

«C'est ainsi qu'il faut parler, dit-il. Oui, vous êtes vraiment un homme. Vous connaissez le chemin de mon cœur et pouvez faire de moi tout ce qu'il vous plaira. Voudriez-vous, continua-t-il en s'adressant à Geraldine, vous éloigner un instant? J'en finirai d'abord avec votre compagnon. Certaines formalités du Club doivent être remplies secrètement.»

À ces mots, il ouvrit la porte d'un petit cabinet, dans lequel il enferma le colonel.