«À la mémoire éternelle du baron de Trenck, le type des suicidés! cria quelqu'un. Il passa d'une petite cellule dans une plus petite, afin d'atteindre enfin à la liberté.

—Pour ma part, dit un second, je ne demande qu'un bandeau sur mes yeux et du coton dans mes oreilles. Seulement, il n'y a pas de coton assez épais en ce monde.»

Le troisième espérait, dans l'état nouveau où il allait entrer, découvrir les secrets de la vie, et le quatrième avouait qu'il n'aurait jamais fait partie du Club s'il n'eût été amené à croire au système de Darwin.

«Je n'ai pu supporter, disait-il, l'idée de descendre d'un singe.

En somme, le prince était tout à fait désillusionné par les manières et la conversation de ses nouveaux collègues.

«Il n'y a pas de quoi faire tant d'embarras, pensait-il. Dès qu'un homme s'est réconcilié avec l'idée de se tuer, qu'il s'exécute, pour Dieu, en gentilhomme. Cet émoi et ces gros mots sont déplacés.»

Cependant, le colonel Geraldine était en proie aux plus vives appréhensions: le Club et ses règlements restaient toujours à l'état de mystères, et il regardait autour de la salle afin de trouver quelqu'un qui fût en mesure de le renseigner. Son regard tomba enfin sur le paralytique, dont la sérénité le frappa; il supplia le président, qui, très pressé, ne faisait que sortir de la chambre et y rentrer, expédiant des affaires, de le présenter à ce monsieur assis sur le canapé.

Le président répondit que de semblables formalités étaient inutiles chez lui; néanmoins il présenta Mr. Hammersmith à Mr. Malthus.

Mr. Malthus regarda le colonel avec curiosité et le pria de prendre place à sa droite.

«Vous êtes un nouveau venu, dit-il, et vous désirez des renseignements. Eh bien, vous vous adressez à la bonne source. Il y a deux ans que j'ai fait ma première visite à ce Club enchanteur.»