«Mon Dieu! s'écria-t-il, mon Dieu, pardonnez-moi!»

Et aussitôt son trouble fit place à l'empire habituel qu'il avait sur lui-même.

À sa grande surprise, Geraldine avait disparu. Il ne restait personne dans la salle de jeu, excepté le bourreau destiné à l'expédier, qui se concertait avec le président, et le jeune homme aux tartes à la crème. Celui-ci se glissa vers le prince et lui souffla dans l'oreille, en guise d'adieu:

«Je donnerais un million, si je le possédais, pour avoir la même chance que vous.»

Son Altesse ne put s'empêcher de penser qu'elle aurait vendu volontiers cette chance beaucoup moins cher.

La conférence à voix basse était terminée. Le possesseur de l'as de trèfle quitta la chambre avec un signe d'intelligence, et le président, s'approchant de l'infortuné prince, lui tendit la main.

«Je suis content de vous avoir rencontré, monsieur, dit-il, et content d'avoir été en état de vous rendre ce petit service. Au moins vous ne pouvez vous plaindre d'un long retard. À la seconde soirée,—quel coup de fortune!»

Le prince essaya vainement d'articuler une réponse quelconque, mais sa bouche était sèche et sa langue semblait paralysée.

«Vous sentez-vous mal à votre aise? demanda le président d'un air de sollicitude. Cela arrive à beaucoup de ces messieurs. Voulez-vous prendre un peu d'eau-de-vie?»

Florizel fit un signe affirmatif.