Cette erreur de tactique nous a valu que plusieurs de nos honnêtes Créoles ont perdu la vie sans avoir eu l'honneur de faire même connaître le premier mot de leurs aspirations.
Néanmoins, la Reconstruction triompha, la Constitution fédérale fut amendée, et de 1865 à 1870, tous les citoyens indistinctement furent admis au privilège du vote électoral. C'était ce résultat décisif qu'avait espéré le Club Radical de Thomas J. Durant, et son attente ne fut point trompée.
LES CHEFS DE PARTI
Au nombre des chefs de partis de cette époque, nous devons citer: le Dr Louis Roudanez, J. B. Roudanez, Arnold Bertonneau, Oscar J. Dunn, Aristide Mary, Thomy Lafon, Victor Macarty, Laurent Auguste, Antoine Dubuclet, J. P. Lanna, Paul Trévigne, Formidor Desmazilières. Il y en avait encore d'autres dont les noms nous échappent.
Voilà les hommes qui sont entrés en lice pour combattre au nom du droit et de la justice.
Ces vaillants Créoles étaient les premiers à s'offrir, en Louisiane, comme les champions du mouvement qui avait pour but d'établir dans l'État le principe du suffrage universel, énoncé plus tard dans les Amendements.
Ces hommes étaient animés du plus pur patriotisme, et leur probité était égale à leur désintéressement.
Ils sortaient de tous les rangs de la société, mais ayant embrassé les mêmes principes, la différence d'occupations n'influait en aucune manière sur leurs sentiments et leur attitude.
Dès l'enfance, ils avaient appris à être respectables et lorsque l'heure fut venue pour eux d'agir, ils firent preuve de toutes les qualités qui pouvaient inspirer l'amour et la confiance.
Leur situation de fortune les plaçait au-dessus de toutes les tentations, sans compter que leur nature, noblement orgueilleuse, les mettait à l'abri de toute espèce de séductions.