Il ne pouvait y avoir qu'une seule façon de diriger des hommes de cette valeur: c'était d'en appeler à leur honneur et à leur esprit de devoir, de leur indiquer le chemin du bien et de présenter froidement à leur esprit les raisonnements de la vérité et de la justice.
Il manquait sans doute de l'expérience à ces généreux serviteurs de la cause commune, mais ils s'étaient adjoint des conseillers éclairés dont les sages avis les avaient retenus dans de justes limites.
L'argent, le soin, les peines: ils donnaient tout libéralement pour faire triompher la thèse qu'ils croyaient être la meilleure. Ils ne demandaient que leur place au banquet de la vie, quoiqu'ils y fussent, comme Gilbert, d'"infortunés convives".
En présence de ces faits, il ne serait pas juste de les tenir responsables de ces extravagances qui, depuis, ont désolé la sainte cause de la liberté et de l'égalité politique.
Ces grands hommes entendaient trop bien les principes de l'équité pour devenir les instruments coupables de l'exploitation et de l'ignominie, de l'aventure et de la corruption.
Le charlatanisme et la fraude étaient ligués contre eux, mais ils repoussèrent ces influences méchantes avec la même force de volonté qu'ils avaient déployée en combattant les partisans de l'exclusion absolue.
Il y a eu certainement quelques exceptions à la règle, mais elles ne sont pas dignes de notre attention.
Ces patriotes fondèrent d'abord l'Union, un journal hebdomadaire.
Paul Trévigné en était le rédacteur responsable. Parmi les correspondants, il y avait Nelson Fouché, qui apportait à la cause toutes les lumières de sa brillante éducation.
Nelson Fouché était un homme modeste, mais son génie était bien connu ici des hommes de toutes les races. Il nous a laissé un petit volume intitulé: Nouveau Recueil.