Un roquet aboyait avec frénésie; par terre, assise sur le sol nu, une petite créature de quatre à cinq ans, vêtue seulement d'une chemise et d'une jupe, mal peignée et très barbouillée, tenait sur ses genoux un bébé de six à huit mois déjà en robe, et qui se tordait en poussant des cris d'aigle.
Un peu plus loin, une autre fillette, de deux ans à peu près, jouait avec des morceaux de bois.
Celle qui faisait la maman ne savait guère remplir son rôle et n'en avait guère la force non plus; ses bras, trop faibles, tenaient le bébé tout de travers, ou le secouaient par moments, sans qu'elle eût l'intention de lui faire du mal. Le pauvre petit geignait à fendre l'âme, et pleurait en se tordant convulsivement.
"Mais tu vas le blesser? cria Folla, qui accourait; attends, je vais te montrer à le porter comme il faut."
Et, enjambant sans façon la mince barrière qui défendait l'entrée du jardinet, elle enleva à l'aînée des enfants le poupon, qui cessa de crier dès qu'il se sentit dans des bras plus vigoureux et surtout plus adroits. Folla s'assit sur une pierre, tandis que le petit garçon la contemplait de ses yeux bleus étonnés, en suçant consciencieusement son pouce.
"Il est bien pâlot, ton frère; quel âge a-t-il? demanda-t- elle à la fillette.
Je ne sais pas.
Et toi, quel âge as-tu?
Quatre ans, je crois.
Et on te donne le petit à garder?