"Bonne maman… non, Madame, fit-elle en se reprenant tristement, je sais déjà tout.

Comment! tu sais tout?… Ce… cet homme t'a donc parlé?"

Folla raconta simplement la scène de la grève à Pallavas, puis celle de la bibliothèque, dont elle avait été l'auditrice inconsciente en jouant à cache-cache.

Mme Milane ne revenait pas de la force d'âme de cette enfant, qui s'était tue pendant deux jours et n'avait rien montré de la peine cuisante qui lui déchirait le cur.

"J'ai pourtant bien du chagrin, bonne maman," conclut Folla en fondant en larmes et en cachant sa tête désolée sur l'épaule de la vieille dame.

Celle-ci fut émue de tant de désespoir, et son cur se rouvrit à l'enfant qu'elle voyait si aimante et si malheureuse.

"Ma chérie, lui dit-elle, je te parle comme à une grande personne; je te le dis tout simplement, ton père a des exigences folles. Cependant je causerai encore de tout cela avec bon papa; nous trouverons peut-être un moyen de tout arranger.

Et…, demanda l'enfant en regardant fixement Mme Milane, si vous ne me rendez pas à mon père, que ferez-vous de moi?"

Mme Milane parut embarrassée.

"Je ne sais pas encore. Tu auras besoin de beaucoup travailler, ma pauvre petite; nous te mettrions dans une bonne pension où…