Folla réfléchit un peu.

"Bien sûr, bonne maman, je souffrirai, puisque je ne vous verrai plus, ni vous, ni bon papa, ni Juliette, ni Mlle Cayer, ni la Seille. Mais si ma pauvre maman venait à guérir grâce à mes soins, et si mon papa m'aime un peu, je serai bien payée."

Mme Milane la regarda avec attendrissement et l'embrassa.

"Promets-moi, si tu as trop de peine chez tes parents, si l'on méconnaît ton bon cur, si la vie t'y est trop dure, promets-moi de nous appeler, et nous te secourrons.

Oui," répondit la petite fille. Et, ne pouvant plus retenir les sanglots qui l'étouffaient, elle pleura avec abandon dans les bras de la vieille dame.

M. Milane, à qui sa femme raconta, tout émue, l'entretien qu'elle avait eu avec Folla, tenta vainement quelques efforts pour concilier les intérêts de Folla et ceux de Juliette; il voulut même prémunir la première contre la déception qui l'attendait peut-être, en lui traçant un sombre tableau de l'existence qu'il faudrait mener sous le toit de Marlioux.

L'enfant soupira, mais elle tint bon; elle voulait remplir son devoir.

VIII

LA DERNIERE NUIT

C'était un mardi, à six heures du soir, que Folla devait quitter la Seille.