Ce jour-là, le châtelain donnait en effet une fête, mais on navait pas sonné lhallali, et les habits rouges des piqueurs ne sétaient pas montrés entre les troncs moussus; un accident avait interrompu la chasse dès le début; et depuis, le marquis navait plus reparu au pays.

CHAPITRE VI

UN COMPAGNON.

Ainsi vivait la Moucheronne. A lâge où le plus pauvre des enfants a des jouets, des friandises et surtout les caresses et les baisers de ses parents, elle navait ni une joie, ni une consolation, ni un ami.

Comme ils devraient apprécier leur félicité ceux qui sont pourvus de tout ce qui lui manquait, ceux qui ont la vie douce, des frères et surs aimants, une instruction facilement acquise, des jeux de toutes sortes!

Mais nous nous habituons si vite aux douceurs de lexistence que nous napprécions guère ses dons que lorsque nous les perdons.

Combien de jeunes garçons et de fillettes, comblés de présents, déjà blasés, sen détournent après y avoir jeté un coup dil languissant et indifférent, en disant:

"Jen ai déjà tant!"

Oserons-nous ajouter quil y a des enfants dont les armoires regorgent des jouets les plus nouveaux et les plus amusants, qui refuseront den donner les plus vieux et les plus abîmés pour de pauvres petits qui nont peut-être jamais possédé une poupée ou une toupie?

Hélas! cela se voit, plus souvent sans doute quon ne le croie.