Je ne veux pas, si je meurs, que lon menterre civilement, je veux que ce soit comme pour ma mère.

Mais le lendemain un plaisir nouveau venait soffrir à elle, et dans son esprit mobile la romance amoureuse dun opéra en vogue remplaçait le Pie Jesu.

DEUXIEME PARTIE

I

On était aux Marnes, dans la riante propriété que possédait M. Simiès en Dauphiné; le château, de style tout à fait moderne, était une construction plus gracieuse quimposante, étagée au milieu dun parc fleuri; plus loin, sapercevaient les champs, et les vignes tristement rongées par le phylloxera.

Gilberte Mauduit navait pas la passion de la campagne, mais son oncle tenait à y passer une partie de lété, et, ma foi, le temps finissait toujours par sy écouler gaîment.

Les voisins des Marnes étaient nombreux et dagréable relation; on organisait des jeux de cricket et de lawn- tennis, des parties en auto, à cheval, en bateau; des comédies de salon fort bien conduites par la jeunesse qui ne soffusquait de rien et semparait plus volontiers des vaudevilles risqués que des pièces classiques de lOdéon.

A lépoque des chasses, cétait moins divertissant: il fallait subir les interminables et plantureux dîners de province, que Gilberte, en Parisienne quelle était, déclarait assommants.

Un samedi matin que M. Simiès, au milieu dune douzaine damis et amies invités aux Marnes pour plusieurs jours, dépouillait sa correspondance après le déjeuner, il eut une exclamation ironique en lisant une lettre sur le papier de laquelle sétalait une écriture masculine, franche et hardie.

Gilberte, lenfant gâtée, prit sans façon la missive des mains de son oncle. Quand elle leut parcourue: