D'un geste inconscient elle caresse la courbe déformée de son ventre. Les traits, autrefois vifs, sont voilés d'indifférence: le regard lointain des femmes alourdies.

Neuf heures du matin: un ciel lisse, d'où coule un soleil jaune et fluide comme du miel.
On frappe à la porte, qui s'ouvre aussitôt.

CÉCILE (rougissant comme une enfant).—C'est toi, maman?...

MADAME PASQUELIN.—Oui, c'est moi!

Au ton de sa mère, Cécile lève les sourcils avec angoisse.

MADAME PASQUELIN.—Tiens, regarde! (Elle brandit une brochure blanche, et saisissant son face-à-main, elle épèle): «Bulletin du Congrès de la Libre-Pensée!... Monsieur Barois, chez Madame Pasquelin!... Buis-la-Dame, Oise»...

(Un temps.) Où est-il?

CÉCILE.—Jean? Je ne sais pas.

MADAME PASQUELIN.—Tu ne l'as pas vu encore?

CÉCILE.—Non.