Le Directeur se lève d'un mouvement sec, malgré sa carrure. Il tourne vers la chaire son masque sévère, où les yeux sont à demi-clos.

LE DIRECTEUR.—Très intéressant, Monsieur Barois... Vous mettez votre enseignement une louable chaleur, qui le rend très vivant... (Aigre sourire.) Nous en recauserons d'ailleurs...

(Aux élèves, avec une bonhomie paternelle.) Ce qu'il faut retenir de tout cela, mes enfants,—et j'anticipe sans doute sur la conclusion que Monsieur Barois allait tirer de sa leçon,—c'est l'impeccable ordonnance du plan suprême... Notre pauvre raison n'approche qu'en tâtonnant de ces grandes lois; mais elle en reste confondue... Et cet acte d'humilité devant les merveilles du Créateur est d'autant plus nécessaire, que nous vivons en un siècle où les progrès des découvertes scientifiques tendent trop à nous faire perdre le sentiment de notre petitesse et de la relativité de notre savoir... (Il s'incline avec une extrême réserve.) Je vous laisse, Monsieur Barois... Au revoir...

La porte est à peine refermée, qu'un remous houleux fait osciller l'âme mobile de la classe.

Jean, debout, rassemble d'un vif coup d'œil le faisceau des regards qui s'éparpillaient.

Communion silencieuse et passionnée, qu'aucun blâme administratif ne pourra atteindre.

JEAN (simplement).—Je continue...


II

A Buis, chez Mme Pasquelin, pendant les grandes vacances.
Cécile est dans ta chambre, debout, en chemise, devant la fenêtre ouverte.