Un silence.
Jean s'est remis à feuilleter le bulletin.

CÉCILE (avec désespoir).—Je ne veux pas que tu t'occupes de ça!

Jean, sans cesser de lire, grimace un mauvais sourire.

JEAN.—Comment dis-tu? Tu ne veux pas?...

Il met la brochure dans sa poche et s'avance vers elle.

JEAN (sans acrimonie).—Écoute, ma petite, laisse-moi tranquille avec cette histoire...

Ce congrès ne se tient que tous les dix ans... (Il se promène de long en large, sans la regarder.) C'est un mouvement international, dont tu ne peux pas soupçonner le retentissement.—De plus, les matières inscrites cette année au programme, m'intéressent personnellement beaucoup. Zoeger m'avait proposé d'y prendre une part active, comme correspondant spécial de la Revue internationale des Idées, qui est, en France, l'organe de ce mouvement. J'ai failli accepter ... (Mouvement de Cécile) ... et puis, j'ai refusé à cause de mon cours à Venceslas. Mais, le moins que je veuille faire, c'est d'assister aux dernières séances, qui auront justement lieu pendant les vacances du jour de l'an, et de publier sur les conclusions du congrès, un rapport pour la section française.

C'est convenu, il n'y a plus à y revenir.

Elle ne répond rien.
Il fait quelques pas en silence, et se décide enfin à lever les yeux vers elle.

Elle est écroulée comme un animal qu'on vient d'abattre. Ses prunelles dilatées s'emplissent d'angoisse, comme si elle allait s'évanouir.