Cécile est liée par son acquiescement.
CÉCILE.—Maman a raison.
JEAN.—Si je donne ma démission, tu ne rentreras pas à Paris avec moi?
CÉCILE.—Non.
JEAN (froidement, à sa belle-mère).—Vous voyez la belle besogne que vous faites.
Il saisit une chaise, l'approche de Cécile, et s'y plante à califourchon.
JEAN.—Écoute Cécile, et pas de bêtises... Je te jure que je ne plaisante pas.
(Longue aspiration.) Je pourrais te promettre des concessions nouvelles, pour sauver notre vie commune. Mais non, je veux continuer à agir loyalement. J'ai accepté pour toi le maximum des sacrifices que je peux faire, il est impossible que je persiste dans cette voie sans perdre toute dignité, toute propreté morale! Ce que tu me demandes, c'est de jouer pendant toute ma vie une lugubre comédie: c'est de paraître, par une attitude passive, par une simulation continuelle, approuver une religion que je ne peux plus pratiquer. Il faut que tu comprennes une fois pour toutes, qu'il y a là quelque chose qui dépasse les convenances personnelles. Un honnête homme ne peut pas s'engager à exprimer toute sa vie le contraire de sa pensée: fût-ce par affection... Tu ne peux pas me faire un grief de cette loyauté morale, même si elle te fait souffrir!
Pause.
Veux-tu rentrer avec moi à Paris, en octobre, comme c'était convenu?