ZOEGER.—Bien.

JEAN.—Puis une transition: le progrès scientifique ne peut atteindre que les intelligences cultivées; il n'aurait pas suffi, pour ébranler une religion qui a tant de racines dans les cœurs français.

Et j'en arrive... (On frappe.) ... aux facteurs économiques et sociaux...

(Allant ouvrir.) Qu'est-ce que c'est?

UNE VOIX.—Le Times... Demander des renseignements sur l'indisposition de M. Breil-Zoeger... Sur le discours de demain...

JEAN.—Adressez-vous au 29, le secrétaire-adjoint, Monsieur Woldsmuth.

(Revenant vers le lit.) Où en étais-je? Ah, troisième cause: Facteurs économiques et sociaux. Le développement prodigieux des industries a fait sortir des campagnes des milliers de jeunes hommes, qui rompent ainsi, brutalement, les liens familiaux traditionnels...

ZOEGER.—Insiste; c'est capital, si l'on songe au nombre considérable d'usines qui fonctionnent dans un pays civilisé,—nombre qui doit fatalement s'accroître encore, et dans des proportions incalculables.

Il feuillète son dossier, en tire une fiche, et change de position, avec une contraction douloureuse.

ZOEGER (lisant).—«L'ouvrier industriel est, par fonction, rationaliste. Jeté dans un grand centre d'action, où les spéculations métaphysiques n'ont plus leur place; vivant au milieu de machines, dont les ronflements célèbrent le triomphe du travail, de l'intelligence, des mathématiques, sur la nature...» (Tendant la feuille.) Tiens, si ça peut te servir.