Jean Barois: trente-deux ans.

La plénitude robuste de la jeunesse.

En moins d'un an, la physionomie s'est modifiée: un souci l'habitait; elle resplendit maintenant comme un ciel éclairci. De l'énergie en rayonne librement, et de la joie: affranchissement, certitude, confiance passionnée en l'avenir.


Une pièce claire et froide. Aux murs, des planches de sapin, portant des livres. L'éclat cru d'une lampe à gaz, dans un globe. Des fauteuils de rotin.

Sur la cheminée, un moulage, seul: l'«Esclave enchaîné», de Michel-Ange, étirant hors de la matière son corps douloureux, aux épaules rebelles.

Au fond, une porte basse, ouverte sur une chambrette où pendent des vêtements.

HARBAROUX.—Je n'étais pas encore venu chez toi.

BAROIS.—Pendant six mois, j'ai vécu comme un ours...

Harbaroux considère les sièges disposés en rond, et grimace un sourire.
Harbaroux: un gnome malingre.