BAROIS (se levant).—Dis-le donc...: de méthode?

Il va ouvrir.
Harbaroux, resté seul, soliloque en grimaçant.

UNE VOIX ÉRAILLÉE (dans le corridor).—Mon cher... Saisissant! Dans Lamennais, par hasard... Ne trouverez rien de mieux!...

Cresteil d'Allize paraît de dos, volubile et gesticulant. Pour entrer, il tourne sur lui-même, et clignote en recevant au visage la lumière crue du gaz.
François Cresteil d'Allize: vingt-huit ans.

Une taille élancée, prolongée par un cou maigre qui porte fièrement une tête petite, au crâne bombé par derrière.

Un visage court, triangulaire. Des traits tourmentés: le front large, coupé de rides; l'œil ardent et tendre; le nez provoquant; la moustache tombante, châtain foncé, cachant une bouche dédaigneuse, un sourire nerveux, désabusé.

Le parler haut, l'élégance désinvolte d'un officier de cavalerie; le geste enthousiaste, excessif.

Il a quitté l'armée, assailli de doutes, écartelé entre son éducation et l'irrésistible besoin d'affranchir sa pensée; il s'est séparé des siens, rompant net la tradition catholique et royaliste des Allize.

L'âpre rancune d'un récent évadé.
Il s'avance vers Harbaroux, prompt et souple, courbant sa haute taille, les mains chaleureusement offertes.

CRESTEIL.—Vous avez entendu, Harbaroux? J'ai trouvé ça, tout à l'heure, dans les «Paroles d'un croyant».