Barois parle posément, en achevant ses phrases, comme un homme habitué à prendre la parole en public. Sans qu'il élève la voix, la fermeté du ton maîtrise l'attention.

HARBAROUX (haussant les épaules).—Des bavardages exaltés... Chacun suivant son idée... Chacun, à tour de rôle, infligeant aux autres sa conférence... Et tout à coup, il sera deux heures du matin!

Une soirée perdue...

Barois fait un geste: «Et quand ce serait»?...

Puis, sans répondre, il allume une cigarette, d'un geste rapide qui lui est devenu coutumier. Son regard dur, mais rêveur, suit un instant l'onde bleuâtre de la première bouffée dans l'air vierge de la pièce.

HARBAROUX.—Tu fumes donc maintenant?

BAROIS.—Oui.

Un temps.

HARBAROUX.—Soit, soit... Moi, j'aurais préféré prévoir, diviser la besogne... Je crois que la fondation d'une revue demande plus de...

Un coup de sonnette.