LUCE (enveloppant la table d'un vaste regard).—Mes enfants...

Barois s'incline en souriant.

LUCE (devinant sa pensée).—Oui, c'est beaucoup... Et j'en ai deux autres encore... Il y a des jours où j'aperçois tous ces yeux-là fixés sur moi, et j'en suis épouvanté... (Secouant la tête.) Il faut s'en remettre à la logique de la vie, qui doit être juste.

(Il s'est approché de la table.) Celle-là, c'est mon aînée, une grande fille déjà... Celui-là, Monsieur Barois, c'est un mathématicien...

(Il passe amoureusement sa main sur ces têtes de cheveux fins, et se retourne tout-à-coup vers Barois.)—C'est si beau, la vie...


LE VENT PRÉCURSEUR

«Je sens des flots qui se soulèvent, je sens une aurore qui naît...

Mon cœur est comme un monde...»

(Ibsen.)