Au moment de l'ouvrir, la jeune femme se tourne vers Barois.

JULIA.—Il dort, Monsieur... Si vous n'étiez pas trop pressé?...

BAROIS (vivement).—Ne le réveillez pas, je serais désolé... Je vais attendre.

JULIA.—Ça lui fait tant de bien!

Barois la considère curieusement. Il ignorait que Woldsmuth fut marié.

Julia Woldsmuth: Vingt-cinq ans. Un type étrange.

Au premier abord, elle paraît très grande et très maigre. Pourtant le torse, sans corset dans une étoffe noire, est charnu et court. Mais les jambes, et surtout les bras, sont d'une longueur anormale.

Le visage s'effile en avant comme une lame. Ses cheveux annelés, rudes et noirs, qu'elle masse sur la nuque, allongent encore la forme de la tête. La ligne accusée du nez prolonge celle un peu fuyante du front. Les yeux très fendus mais à peine ouverts, glissent en montant vers les tempes. La lèvre supérieure, d'un dessin énigmatique, comme immobilisée dans un perpétuel début de sourire, surplombe la lèvre inférieure, sans la joindre.

D'un geste décidé, elle indique à Barois l'unique chaise de la chambre, et, sans gêne aucune, s'accroupit sur l'un des lits défaits.

BAROIS (prudemment).—Comment cet ... accident est-il arrivé, Madame?