Le timbre cuivré du général de Pellieux domine le colloque,—cinglant comme un coup de cravache.

M. LE GÉNÉRAL DE PELLIEUX.—«Je demande que l'on appelle M. le général de Boisdeffre!»

Me LABORI (d'une voix tonnante, qui impose enfin le silence).—«Je demande, Monsieur le Président, et aujourd'hui l'incident se présente avec une gravité telle que la défense ne peut pas ne pas insister,—que la parole me soit donnée un moment, non pas seulement pour répondre à M. le général de Pellieux—encore qu'on ne réponde pas à une affirmation,—mais pour tirer immédiatement, au point de vue de l'affaire, la conséquence nécessaire qui se dégage des paroles de M. le général de Pellieux.

«Je vous demande la permission, Monsieur le Président, de dire deux mots.»

M. LE PRÉSIDENT (acerbe).—«Deux mots seulement...

Me LABORI.—«Deux mots seulement.»

M. LE PRÉSIDENT.—«A moins que vous n'ayez une question à poser?»

Me LABORI (éclatant).—«Comment aurais-je des questions à poser, en réponse à un fait absolument nouveau qui est jeté dans le débat? J'en ai une cependant, et c'est à cette question que je vais arriver.»

M. LE GÉNÉRAL DE PELLIEUX.—«Vous avez jeté dans le débat un fait nouveau, en lisant un acte d'accusation de M. le commandant d'Ormescheville, qui était du huis-clos.»

Me LABORI (triomphant).—«Nous avançons, nous avançons!»