«Je termine par une question. Vous voyez, Monsieur le Président, que je tendais à quelque chose de précis, et ici je vous remercie de m'avoir laissé la parole; je rends hommage à votre bienveillance, à votre courtoisie, à votre sentiment de la gravité de la situation.

«La question, Monsieur le Président, la voici: que M. le général de Pellieux s'explique sans réserve; et, la pièce, qu'on l'apporte ici!»

Un silence anxieux.

Mouvements d'émotion au banc des jurés, dont les yeux se dirigent vers le général de Pellieux.
Court silence.

M. LE PRÉSIDENT.—«M. le général Gonse, qu'est-ce que vous avez à dire?»

Le général Gonse se lève et s'approche du général de Pellieux, qui lui cède sa place à la barre.

Une physionomie soucieuse; un regard terne, mais agressif; une voix qui parait étrangement molle après celle du général de Pellieux et celle de Labori.

M. LE GÉNÉRAL GONSE.—«Monsieur le Président, je confirme complètement la déposition que vient de faire le général de Pellieux.

«Le général de Pellieux a pris l'initiative, il a bien fait; je l'aurais prise à sa place pour éviter toute équivoque. L'armée ne craint pas du tout la lumière, elle ne craint pas du tout, pour sauver son honneur, de dire où est la vérité.»

Labori fait un geste d'assentiment et de confiance.