LUCE (tristement, à Barois).—Vous voyez? Ils sont les plus forts...
BAROIS (au comble de la rage).—Oh, mais cette fois, ça ne se passera pas sans scandale! Je tiens mon article de demain. C'est trop de cynisme, à la fin! Qui berne-t-on? Quand la Chambre s'émeut, quand elle force les Ministres responsables à s'expliquer ouvertement, pour de bon, on lui répond: «Pas ici. Allez au Palais de Justice, vous saurez tout.»—Et puis, au Palais, toutes les fois qu'on veut remuer le fond de ces débats obscurs, toutes les fois que la vérité monte péniblement jusqu'à la surface et semble vouloir sortir enfin, on la repousse du pied, on la renfonce dans son marécage: «La question ne sera pas posée!»
Ah, non! il faut que ça finisse! il faut que le pays comprenne à quel point on se fout de lui!
Sourde rumeur venue du vestibule.
WOLDSMUTH.—Il va y avoir du grabuge. Courons-y!
CRESTEIL.—Par où passer?
BAROIS.—Par là! (A Julia.) Suivez-moi...
ZOEGER (enjambant les gradins).—Non, par là...
BAROIS (criant).—Rendez-vous autour de Zola, comme hier!
Ils s'échappent comme ils peuvent de la salle des assises.