ZOEGER.—Le mal vient aussi de ce qu'on a compliqué l'Affaire à l'infini. Cette folie d'enquêtes et de contr'enquêtes, a complètement dénaturé sa véritable origine et son sens réel. On s'est lancé passionnément sur cent pistes adjacentes, contradictoires... Ce qu'il faudrait, maintenant, c'est un coup de théâtre, qui chavire net l'opinion, et la ramène à une vue d'ensemble.
CRESTEIL.—Oui: un coup de théâtre...
BAROIS.—Nous en approchons peut-être avec cette histoire de Haute-Cour... (Tirant sur un papier de sa poche.) Tenez, j'ai encore reçu ça, ce matin... (Souriant.) Un anonyme plein d'attention...
HARBAROUX (qui a pris la feuille, lisant).
—«Je tiens de source sûre que le Ministre de la Guerre a proposé ce matin aux membres du Gouvernement de traduire les chefs du parti revisionniste devant la Haute-Cour.
«Votre nom est sur la liste, à côté de celui de M. Luce...»
BAROIS.—C'est très flatteur.
HARBAROUX (lisant).
—«L'arrestation générale est fixée au 2 septembre, à la première heure.
«Vous avez le temps d'être loin.»