La familiarité du ton est si explicite, que Barois rougit et se tourne vivement vers Woldsmuth, qui, penché sur ses notes, n'a pas bronché.

BAROIS (maître de lui).—Voulez-vous venir un instant, je vous prie, pour sténographier...

Julia paraît. Elle aperçoit Woldsmuth. Un simple battement des paupières. Son visage insurgé signifie: «Je suis libre, n'est-ce pas?»

JULIA (durement).—Bonjour, oncle Ulric. Vous avez fait bon voyage?

Woldsmuth redresse la tête, mais sans la regarder. Elle surprend alors ce sourire affairé, oblique, dans un visage où tous les traits sont disjoints par la souffrance. Et elle comprend ce que jamais elle n'avait soupçonné...

C'est elle qui baisse les yeux, au moment où Woldsmuth lève les siens, pour répondre enfin.

WOLDSMUTH.—Hé, bonjour Julia... Tu vas bien? La maman va bien?...

JULIA (péniblement).—Très bien.

WOLDSMUTH.—Alors, veux-tu... Ce sont des fiches... Pour Barois...

BAROIS (qui n'a rien vu).—Allez donc dans son bureau, Woldsmuth, vous serez mieux qu'ici... Moi, je vais finir cet article...