«L'homme a, devant lui, un champ d'observation pratiquement illimité. Peu à peu, la science reculera si loin les bornes de ce qui n'est pas constatable, que si l'homme s'employait à comprendre tout le réel qui est à sa portée, il n'aurait plus le temps de gémir sur ce qui échappe irrémédiablement à ses facultés.

«Je suis certain que la science, en apprenant aux hommes à savoir ignorer, procurera à leurs consciences un équilibre qu'aucune foi n'a jamais su leur offrir.

Jean Barois.»

D'une main lourde, il achève lentement sa signature.

Puis sa volonté tendue se rompt. Sa face congestionnée devient brusquement livide. Il se renverse dans les bras de Woldsmuth.

Les feuillets s'éparpillent sur les draps.

Woldsmuth, d'une voix anxieuse, appelle Pascal. Mais déjà Barois soulève les paupières, et sourit aux deux hommes.
Quelques instants plus tard, sa respiration régulière révèle un profond et calme sommeil.


[TROISIÈME PARTIE]