Sourire incrédule de Luce.
BAROIS (sans répondre à ce sourire).—Pendant longtemps on croit que la vie est une ligne droite, dont les deux bouts s'enfoncent à perte de vue aux deux extrémités de l'horizon: et puis, peu à peu, on découvre que la ligne est coupée, et qu'elle se courbe, et que les bouts se rapprochent, se rejoignent... L'anneau va se boucler... (Souriant à son tour.) On va devenir un vieux qui ne sait plus que tourner dans son cercle!
LUCE.—Oh, oh, oh...
(Brusquement il se dresse.) Ah, les braves cœurs, les voilà tous!
Au fond de la cour, trois hommes surgissent de l'ombre de la voûte: Breil-Zoeger, Cresteil d'Allize et Woldsmuth.
LUCE (bas, vivement).—Dites-moi... Est-ce que Cresteil a perdu quelqu'un de proche?
BAROIS (de même).—Personne ne sait. Il est en grand deuil depuis quinze jours.
Effusions silencieuses.
LUCE (simplement, après quelques secondes de gêne).—L'un de vous y a-t-il été?
ZOEGER.—Non.