Cresteil rompt le charme.
CRESTEIL (rire amer).—Ah, oui, tout était beau, c'était du cristal!
Et qu'en est-il résulté? Hein? Nous avons crevé l'abcès: nous comptions sur la guérison: et maintenant, c'est la gangrène!
Luce fait un geste de la main.
Breil-Zoeger hausse les épaules.
CRESTEIL.—En avons-nous assez vu!... La gabegie politique, les abus d'autorité, le mercantilisme partout! Les spoliations anticléricales, le contre-sens antimilitariste... Enfin,—faillite générale!
ZOEGER (sèchement).—La politique d'aujourd'hui, je ne la défends pas. Mais elle n'est pas pire, en tout cas, que celle qu'on faisait avant l'Affaire!
BAROIS (après un instant de perplexité).—Ma foi, je ne sais pas...
LUCE (vivement).—Ah, ne regrettons rien, Barois, ne regrettons rien!
ZOEGER.—Si le gouvernement d'alors avait été digne de son poste, ce n'est pas nous qui eussions fait la lumière, c'est lui!
LUCE.—Vous ne regardez que les choses mauvaises, mon pauvre Cresteil. Vous ne voyez pas les bonnes qui se préparent. La République porte en elle-même une vertu précieuse: elle est le seul régime perfectible par nature. Laissez la démocratie s'organiser à nouveau...