BAROIS.—Et ça: Le dogme devant la science?... Et ça: Les origines comparées des religions?...
MARIE.—Oui.
BAROIS (repoussant le battant vitré).—Vous avez lu tout ça, en y appliquant votre esprit,—et ce que vous aviez cru vrai jusque-là ne vous a pas semblé...
Il voudrait dire: «Vous ne me ferez pas croire que tout le labeur d'une vie comme la mienne, employée à combattre la religion par des arguments précis, puisse se briser contre votre foi d'enfant!»
Mais il s'arrête: il vient de reconnaître le sourire et le regard butés de Marie.
MARIE (cherchant à formuler sa pensée).—Mais, père, si ma certitude était à la merci des objections, ce ne serait plus une certitude...
Elle sourit, naïvement cette fois. Et Barois entrevoit une vérité psychologique.
Il pense:
—«Une certitude qui n'offre pas de prise aux objections... Qu'est-ce qu'elle veut dire? Que les difficultés de la religion ne peuvent pas exister pour elle, parce qu'elle possède, a priori, une certitude? Ce qui veut dire qu'elle a mis d'avance sa foi au-dessus de tout raisonnement; et que, même si sa raison se laissait convaincre par les objections, sa foi n'en serait pas même effleurée, parce qu'elle est au-dessus, hors d'atteinte!
«C'est enfantin... et inattaquable!»