Barois, ayant bouclé sa malle, s'accoude au balcon de sa chambre.
Devant lui, le lac couleur de perle. Au-dessous de lui, la place: une vie désordonnée: des chants, un orchestre, des trompes de tramways, un bruit de foire.
Un gros vapeur illuminé verse sa fourmillière sur le ponton.
—«Pauvre petite... Ces quinze jours qu'elle m'a donnés... Ah!... Ce que je vais me sentir seul...»
Le vapeur, d'un coup, s'éteint. Il était sombre et semé de lumières; il devient blanchâtre et percé de trous noirs, comme une carcasse abandonnée. Il tremblote lourdement au clapotis de l'eau, et le peu de vie qui lui reste s'exhale dans le panache hésitant de sa fumée.
A Buis.
Veillée mortuaire: deux cierges; le lit; les cornettes des religieuses.
Cécile, épuisée par un long agenouillement, est prostrée dans un fauteuil. Ses paupières irritées se ferment à demi: sa pensée s'évade, s'élance au-devant de Marie:
«A l'aube, elle sera là, je ne serai plus seule...»