Dans le petit salon, Cécile, en noir, est assise sous la lampe, devant une pile de faire-part.
Il la reconnaît si mal qu'il n'a pas de peine à être comme un étranger.
BAROIS.—J'ai bien compati à votre chagrin...
Elle s'est levée. Elle le regarde: elle ne s'attendait pas à cette maigreur; et, dans la physionomie quelque chose d'inconnu la déroute.
CÉCILE.—Merci Jean.
Elle tend la main. Il la serre avec une effusion polie, comme à des obsèques.
Il est surpris qu'elle ait tant changé; il n'avait pas réfléchi qu'elle continuait, depuis dix-huit ans, à vivre, un à un, les mêmes jours que lui. C'est bien elle, cependant: le front bombé, le regard inégal, ce zézayement intimidé... Tout à l'heure, il ne l'imaginait même pas: et maintenant, il ne conçoit pas qu'elle aurait pu se faner autrement.
Marie rompt le silence.
MARIE.—Prenez ce fauteuil, père.
CÉCILE (s'asseyant).—Je vous remercie de la façon dont vous avez reçu Marie... Vous avez été très bon pour elle, je vous remercie.