Deux jours après. Le soir.
Marie est dans la chambre de Barois, avec le médecin.
Cécile est assise sur la banquette du vestibule. Rien ne la retenant plus à Buis, elle a voulu accompagner sa fille à Paris. Mais devant la gravité du mal, Marie s'est réinstallée chez son père. Et Cécile, déracinée, s'est cloîtrée dans la chambre d'une pension voisine, d'où elle ne sort que pour venir aux nouvelles.
Le médecin paraît, suivi de Marie.
MARIE.—Revenez vite, docteur, ne nous laissez pas seuls...
Ses traits sont décomposés. Elle s'effondre sur l'épaule de sa mère.
Cécile n'ose plus interroger.
MARIE.—Il a changé, depuis midi, d'une façon effrayante. Le docteur ne répond plus de rien. Il a demandé une autre consultation, pour ce soir. Il ne veut pas essayer une nouvelle ponction, sans l'avis des autres...
CÉCILE (voix brisée).—Il souffre?
MARIE.—Un peu moins. (Sanglotant.) La garde dit que c'est mauvais signe... Ah, laissez, ça me fait du bien de pleurer! C'est affreux... Il m'a appelée tout à l'heure... Il a prononcé votre nom, deux fois...
Un silence.
MARIE (brusquement).—Maman, entrez le voir...
Cécile ne résiste pas; c'est la dernière fois, la mort est dans la maison. Elle est épouvantée de cet irréparable qui va sceller leur rupture pour l'éternité.