JEAN.—Alors, autant passer au protestantisme...
SCHERTZ.—Que non! Voyez cette religion individualiste et finalement anarchiste qu'est le protestantisme: là n'est pas réellement notre nature. Tandis que la forme du catholicisme, organisée, sociale...—que dire?—communautaire... Voilà la nature humaine!
JEAN.—Alors la libre-pensée toute pure!
SCHERTZ.—Non, mon ami. Nous, catholiques, nous n'aurons jamais le droit de faire cette rupture.
JEAN.—Le droit?
SCHERTZ (gravement).—Nous n'avons pas le droit de nous isoler des autres. Comment la religion a-t-elle acquis peu à peu ses indiscutables vertus sociales? Par les efforts de tous. Eh bien, rester à l'écart, c'est agir comme un individualiste.
JEAN.—Mais votre attitude est bien celle d'un individualiste!
SCHERTZ (sursautant).—Pas du tout! Choisir ses symboles, selon son développement personnel: oui; mais en se rappelant toujours que ce qui est symbole pour nous, a son équivalent dans les formules plus populaires. C'est ainsi qu'on reste lié à toutes les autres. Voilà le bon individualisme...
Jean ne répond pas.
SCHERTZ.—Mon ami, songez dont à ce qu'elle est, cette religion! Songez que pour tant d'êtres humains, elle est la seule fenêtre ouverte sur la vie spirituelle! Combien sont-ils, ceux qui jamais ne pourront aller plus loin que l'image? Et vous voudriez commettre la mauvaise action de vous séparer d'eux? Mais dans chaque sentiment religieux, il y a un germe qui est le même: comme un gémissement, comme un élan plus ou moins vigoureux de l'âme vers l'infini... Nous sommes tous semblables devant Dieu!