Laissez déposer, mon ami... Et rappelez-vous l'aveu de Saint Paul: «Nous ne voyons maintenant qu'au travers d'un miroir, en énigme...» «Videmus nunc per speculum, in œnigmate...»
Ils descendent dans la rue.
Plusieurs minutes de silence, côte à côte.
JEAN (brusquement).—Il faut être logique: pourquoi continuez-vous à pratiquer, s'il est avéré que ces pratiques n'ont qu'une importance figurative?
Schertz s'arrête net, sort le menton hors de son collet, et regarde Jean comme pour savoir s'il plaisante ou non. Son visage prend aussitôt une expression de souffrance.
SCHERTZ.—Ach, vous ne m'avez donc pas compris?
Il se recueille pendant quelques secondes.
SCHERTZ (pesant ses termes).—Parce qu'il serait insensé de renoncer à cette fontaine d'eau vive qu'est une religion pratiquée!... Il faut se comporter avec la religion comme si elle était vraie dans tous ses détails, parce qu'elle est vraie ... en profondeur. Voyez, par exemple, notre prière catholique: où trouver semblable élan?
JEAN.—Vous n'avez plus besoin de formules!
SCHERTZ.—Ne le croyez pas! C'est par les formules que le divin pénètre dans notre vie. Il faut que nous acceptions tous, indistinctement, les formes du culte; mais que chacun, selon l'état de sa conscience, en fasse l'interprétation appropriée, et s'en serve selon ses besoins.