L'abbé tend le crucifix. Il le repousse, hagard. Puis il aperçoit le Christ: il s'en empare, il se renverse en arrière, et, frénétiquement l'écrase sur ses lèvres.

La croix trop lourde, glisse de ses doigts.
Ses membres n'obéissent plus, s'éloignent. Le cœur bat à peine. Le cerveau fonctionne à une vitesse déréglée.

Une brusque tension de tout l'être: en chaque point du corps, en chaque parcelle vivante, le summum de la souffrance humaine!
Quelques soubresauts.
L'immobilité.


A l'aube.
Cécile et l'abbé, seuls dans la chambre.
Cécile prie, le front dans les mains.

Elle revoit sa vie, année par année. Dans cette même chambre, un matin de sa jeunesse, elle a communié avec Jean, au chevet du docteur...

Le jour naissant pénètre par les volets entr'ouverts. Un feu vif dans la cheminée; sur le mur, derrière le cadavre plus rigide, des reflets de flamme dansent.

L'abbé est assis. Il regarde le mort: les muscles du visage sont raidis; la peau est gélatineuse; les cheveux gris sont durs, piqués dans le crâne; le cou ne semble pas avoir pu porter la tête.

Une incomparable sérénité.
Cécile ouvre successivement les tiroirs du bureau. Elle cherche quelque volonté posthume. Elle ne trouve rien.

Mais, dans le cartonnier, sous les dossiers, une enveloppe: