Qu'il ne parle pas! Aucune parole ne peut dire...

L'embarras domine leur tendresse; ils se demandent s'ils ne s'attendaient pas à plus de joie...

Jean la guide vers le canapé. Elle s'assied, et reste droite, haletante... Il a pris sa main. Ils ne bougent plus.

Silence. Heure douloureuse et douce...

Jean pense:—«On a marché là-haut... Comment est-il? Très changé?...»

Il évoque le masque du docteur: son regard dur et fin; sa bouche, autoritaire jusque dans le baiser; son sourire décidé et courageux; mais tant de bonté secrète!

Il regarde les meubles du salon. Et, un à un, les souvenirs...

—«Ce fauteuil bas... Grand'mère un soir... Grand'mère qui est morte!—Et bientôt je dirai: Mon père habitait cette chambre, habitait cette maison, vivait... Et après, plus tard, ils diront: Jean habitait, vivait...»
Il frissonne.
Il oubliait cette présence tiède, toute proche... La confiance qu'elle a mise en lui, le pénètre tout à coup comme un cordial. Cette main qu'il tient abandonnée et moite, il la porte sans défense à ses lèvres. Plusieurs fois ... pieusement d'abord, avec recueillement; puis avec une émotion grandissante, un bouleversement, une violence irrésistible, accélérée, qui lui délie le cœur.

Cécile renverse la tête. Le front enivré vacille et glisse sur l'épaule de Jean.

Alors dévotement, les lèvres sur les paupières closes... Longuement, longuement...
Des pas, des bruits de porte.