JEAN (lui prenant les poignets).—Tu ne comprends donc pas ce que tu veux me faire faire? Tu es donc aveuglée à ce point que tu ne vois pas la laideur du geste que tu me proposes?
CÉCILE (suffoquant).—Qu'est-ce que ça te fait?... Puisque je t'en supplie...
JEAN.—Voyons, Cécile, réfléchis seulement une seconde. Tu sais bien, n'est-ce pas, que je ne crois pas à l'efficacité de cette prière, de ces cierges? Alors? Veux-tu me contraindre à jouer la comédie?
CÉCILE (dans ses larmes).—Qu'est-ce que ça te fait?... Puisque je t'en supplie...
JEAN.—Comment as-tu pu croire que j'accepterais?... Tu ne comprends donc pas, qu'en me demandant des choses pareilles, après toutes les pénibles discussions que nous avons eues ensemble, tu nous avilis tous les deux?
CÉCILE (sanglotant toujours).—Puisque je t'en supplie...
JEAN (avec brusquerie).—Non.
Cécile lève sur lui des yeux hagards.
Un silence.
JEAN (sombre).—Je t'ai expliqué ça vingt fois... Ce qu'il y a de plus propre en moi, c'est justement cette loyauté dans le doute... C'est d'attacher une si grande importance à tout acte de foi, que je ne peux plus en faire le simulacre par complaisance... Tu ne comprends rien, rien, à ce que j'éprouve!
CÉCILE (vivement).—Mais, à cette heure-là, tu ne rencontreras personne...