Jean se retourne vers le lit où Cécile sanglote éperdument.
JEAN (avec une tristesse profonde).—Ce n'est pas la même chose... Voilà ce qui est cause de tout! Jamais tu ne consentiras à respecter ce que tu ne comprends pas...
(Levant la main.) Ah, ma pauvre enfant, tu peux me rendre justice, je n'ai jamais prononcé une parole qui puisse ébranler ta foi! Mais, bon Dieu, il y a des instants où je souhaite de toute ma rancune que tu apprennes un jour, à tes dépens, ce que c'est que le doute—juste assez pour perdre le goût de l'absolu, et ce besoin de dominer, du haut de ta certitude!
Il s'aperçoit dans une glace, ébouriffé, pieds nus, jetant l'anathème vers le lit défait... Exaspéré contre lui autant que contre elle, il s'enfuit en claquant la porte.
Jean, seul à son bureau.
Il a des notes éparpillées devant lui.
Il écrit une page entière sans lever les yeux, puis repose sa plume avec humeur. Malgré tout son effort, il ne travaille pas: il besogne, machinalement; son application se perd dans le vide.
Il pense:
—«C'est stupide... Je ne peux rien faire ce matin... Et tout ça, pour cette histoire de neuvaine...»
Il repousse ses fiches, et reste un instant songeur.