—«Jolie, dans ses larmes... C'est monstrueux de laisser pleurer une femme! Mon père disait: «Les femmes sont autres, on l'oublie trop souvent.» Il avait raison; voilà ce qu'on obtient à vouloir les traiter en égales: de la souffrance inutile... Oui, il avait raison. Il faudrait négliger ce qui nous sépare d'elles, et s'acharner à découvrir ce qui peut nous en rapprocher...

«Oui, oui: mais pour que ce soit possible, et facile, il faudrait encore s'aimer...»
Il se lève de table.

Elle attendait, indifférente, les yeux sur la nappe.

Il pense:—«Elle va fuir dans sa chambre... Je la suivrai, je lui dirai que je veux bien.»

Mais, comme d'habitude, Cécile se dirige vers le cabinet de Jean, où l'on a porté le café. Et elle reste debout devant le plateau, les bras tombés.

Jean va vers elle.

Il a fait un dur effort; il a piétiné un peu de sa conscience, un peu de son amour-propre, un peu de l'avenir. Il escompte cette joie qu'il lui apporte. Elle va s'abattre contre son épaule avec un sanglot attendri, et il sera payé par l'éclair reconnaissant de ses yeux.

Il se penche, il entoure sa taille. Elle se laisse manier sans résistance.

JEAN (avec un tremblement dans la voix).—Ecoute... C'est bien, j'irai ce soir avec toi, où tu voudras. Pourvu que tu ne pleures plus...

Mais elle se dégage et le repousse brutalement.