Le viaduc Sainte-Marie.
Avant l'invasion pacifique des touristes, qui en amenant la richesse a stabilisé la population, les Chamoniards émigraient pour gagner quelque argent, puis les économies réalisées, ils revenaient à la terre de leurs aïeux, à l'ombre des grands pics, appelés par eux. Sans regret, ils quittaient la riante Italie, ou la belle terre de France, pour regagner leur vallée. Et pourtant! ils avaient goûté d'une civilisation différente, d'une existence nouvelle; ils avaient vu les merveilles des villes, les magasins magnifiques, la vie facile.
Près de Chamonix.
Mais tout cela ne valait pas pour eux, l'éblouissement des midis ensoleillés dans l'atmosphère transparente, ni la montée de l'air brûlant qui, en août, fait vaciller les glaciers, ni même ces heures exquises où la neige redoutable, fondant sous les brises chaudes du printemps, se mue en mille petits ruisseaux qui dansent et chantent au soleil, sur les pentes, entre les racines des mélèzes et des bouleaux.