Maison de Jacques Balmat.
D'ailleurs leur vallée n'est point pauvre. Au printemps, suivant l'effort du vent, d'innombrables arbres fruitiers effeuillent sur les jardins et les prés, leurs pétales blancs comme une légère neige d'arrière saison. A l'époque de la miellée, c'est un bourdonnement continu d'abeilles affairées, apportant aux ruches symétriquement disposées, le butin qu'elles sont allées dérober aux fleurs jusqu'à la limite des glaciers. Dans les prairies et les alpages, sur les plateaux, graves et solennelles, les vaches se gorgent d'herbe parfumée; dans les rochers les chèvres, cabriolent au soleil. L'orge et les pommes de terre germent rapidement dans la terre fertilisée par les apports des glaciers.
Le Dôme du Goûter vu d'un chalet, près de Chamonix.
L'Aiguille du Midi.
Terre vraiment sainte, conquise sur le torrent, la forêt et la montagne, par le travail millénaire de la race on la transporte depuis des siècles à dos d'homme, dans de grandes hottes d'osier en forme d'amphore, pour la placer sur le banc de rocher le plus ensoleillé. Chaque hiver la neige l'entraîne avec elle, dans son avalanche vers les bas-fonds, mais chaque printemps, l'homme avec cette obstination farouche que seul possède le montagnard, la recharge dans sa hotte et la remonte. Curieux spectacle pour le touriste que celui de ce geste ancestral, par lequel le paysan, d'un pas lent et assuré, va, sûr de lui, par les rochers et les fondrières, portant sur son dos l'espoir des moissons futures.