Les Houches, hameau de l'Eglise.
Le lendemain matin malgré la pluie qui tombe par averses, nous partons gaiement. Nous montons par le sentier jusqu'au chalet de Bellevue et de là nous nous élevons par le sentier forestier qui longeant à gauche le glacier de Bionnassay, conduit à celui de Tête Rousse. Pendant que devisant tranquillement, nous gravissons le sentier qui monte indéfiniment, le bruit sourd d'une avalanche de pierres, parvient jusqu'à nous. Plus loin, nous nous apercevons que le chemin est coupé par l'avalanche.
Nous traversons le plateau des Rognes: désolé et aride, il donne une impression de solitude qui vous angoisse; entassement prodigieux de blocs ébranlés, il forme un immense clapier au-dessus duquel nous nous élevons peu à peu, laissant à droite le glacier de Bionnassay, par le sentier qui mène à Tête Rousse. Nous nous arrêtons un moment pour nous restaurer, au chalet-hôtel situé au pied de l'Aiguille du Goûter, puis nous en repartons bientôt avec l'intention de monter dès ce soir coucher au refuge Vallot.
Pour éviter les chutes de pierres qui, à cette heure de la journée sont fréquentes, nous décidons de faire l'escalade de l'Aiguille non pas par le couloir habituel, mais par l'arête Nord. Il y a là 1000 mètres d'une escalade intéressante qui demande quelqu'attention par un beau temps, mais qui devait par suite des circonstances atmosphériques présenter beaucoup de difficultés.
La chaîne du Mont-Blanc vue de l'Aiguille du Goûter par la brume.