—Breugnon! Breugnon! Es-tu mort?

C’est Paillard et Chamaille, qui, n’entendant plus rien, se lamentent et déjà prônent mes vertus défuntes, sans doute, sur la route. Je me relève (Aïe! mes coquins de reins!), je vais tout doucement, soudain je sors ma tête du trou de la lucarne, et je crie:

—Coucou, le voilà!

Ils font un saut de carpe.

—Breugnon, tu n’es pas mort?

Ils riaient et pleuraient d’aise. Je leur tire la langue:

—Petit bonhomme vit encore...

Croiriez-vous que ces maudits m’ont laissé, quinze jours, enfermé dans ma tour, jusqu’à ce qu’ils fussent certains que je n’avais plus rien! Je dois à la vérité d’ajouter qu’ils ne me laissèrent manquer ni de manne, ni de l’eau du rocher (j’entends celle de Noé). Même, ils prirent l’habitude de venir, tour à tour, s’installer sous ma fenêtre, afin de m’apporter les nouvelles du jour.

Lorsque je pus sortir, le curé Chamaille me dit:

—Mon bon ami, le grand saint Roch t’a sauvé. Tu ne peux faire moins que d’aller le remercier. Fais cela, je te prie!