La tante entamait, une fois de plus, ses confuses lamentations.

—Mais oui, disait Annette, lui tapotant les mains, mais oui!... Mais enfin, qu'est-ce que tu voudrais donc? Que nous perdions notre cher petit garçon?

(Elle savait bien ce qu'elle faisait, en appuyant, câline, sur le «notre»!)

La tante, superstitieuse, protestait, bouleversée:

—Annette, ne dis pas cela! C'est dangereux... Non, comment peux-tu dire?...

—Alors, n'aie pas cette mine! Puisque notre petit est là, puisqu'il nous est venu, qu'est-ce qu'on peut faire maintenant? Qu'est-ce qu'on peut faire de mieux que de l'aimer et d'être heureux?

La tante aurait pu répondre:

—Oui, mais pourquoi est-il venu?

Elle n'avait plus la force de le souhaiter. La morale l'eût voulu, pourtant. Le monde et la religion. La dignité et la tranquillité. Peut-être la tranquillité surtout. La plus intime pensée, tout au fond, tout au fond, qu'elle ne s'avouait pas, était:

—Mon Dieu! si, au moins, cette malheureuse enfant ne m'en avait rien dit!...