«Autour de moi, on persécute mes amis et on me laisse tranquille, bien que, s'il y a quelqu'un de nuisible, ce soit moi. Evidemment, je ne vaux pas la persécution, et j'en suis honteux.» (Lettre à Ténéromo, 1892, Corresp. inéd., p. 184.)
«Evidemment, je ne suis pas digne des persécutions, et il me faudra mourir ainsi, sans avoir pu, par des souffrances physiques, témoigner de la vérité.» (A Ténéromo, 16 mai 1892, ibid., p. 186.)
«Il m'est pénible d'être en liberté.» (A Ténéromo, 1er juin 1894, ibid., p. 188.)
Dieu sait pourtant qu'il ne faisait rien pour cela! Il insulte les Tsars, il attaque la patrie, «cet horrible fétiche auquel les hommes sacrifient leur vie et leur liberté et leur raison» (La Fin d'un Monde.)—Voir, dans Guerre et Révolution, le résumé qu'il trace de l'histoire de Russie. C'est une galerie de monstres: «le détraqué Ivan le Terrible, l'aviné Pierre I, l'ignorante cuisinière Catherine I, la débauchée Elisabeth, le dégénéré Paul, le parricide Alexandre I» (le seul pour qui Tolstoï ait pourtant une tendresse secrète), «le cruel et ignorant Nicolas I, Alexandre II, peu intelligent, plutôt mauvais que bon, Alexandre III, à coup sûr un sot, brutal et ignorant, Nicolas II, un innocent officier de hussards, avec un entourage de coquins, un jeune homme qui ne sait rien, qui ne comprend rien.»
Dans un numéro de la revue: Les Tablettes, consacré à Tolstoï (Genève, juin 1917), nous avons réuni une collection des textes les plus significatifs de Tolstoï, relatifs à l'État, la Patrie, la guerre, l'armée, le service militaire et la Révolution.
[271] Lettre à Gontcharenko, réfractaire, 19 janvier 1905 (Corresp. inéd., p. 264).
[272] Aux Doukhobors du Caucase, 1897 (Ibid. p. 239).
[273] Lettre à un ami, 1900 (Correspondance, p. 308-9).
[274] A Gontcharenko, 12 février 1905 (Ibid., p. 265).
[275] Aux Doukhobors du Caucase, 1897 (Correspondance, p. 240).