Sachant à peine ce que je faisais, je m'inclinai et donnai le baiser ordonné. En un rien de temps, Mme Mansell et Jane m'eurent préparée, car je demeurais passive, et dès que je fus exposée en plein, les membres bien écartés, le général reprit son rôle.

— Vous avez pu voir, me dit-il, par l'exemple de Jemima, comme je suis sévère à l'occasion, peut-être n'avez-vous pas compris la gravité de la réponse que vous m'avez faite aujourd'hui, aussi, suis-je enclin à être indulgent pour cette fois ; mais, souvenez-vous, pour l'avenir, si vous vous en tirez à bon compte aujourd'hui, qu'un mensonge est préférable à une réponse évasive. Je crois que la dernière fessée a produit son effet, car vous vous comportez ce soir tout autrement. Ainsi, souvenez-vous… souvenez-vous… Souvenez-vous…

Il me cinglait le derrière à chaque mot. J'implorais grâce, promettant d'être sincère à l'avenir. Après une vingtaine de coups qui me mirent les fesses en feu : « Je vous tiens quitte pour aujourd'hui, fit-il en m'octroyant une dernière cinglade, mais si violente que, cette fois, le sang se montra sur mes fesses déjà empourprées.

Je termine ici ma seconde lettre.

Croyez-moi votre amie dévouée.

Rosa Belinda Coote.

LETTRE III

Ma chère Nelly,

Je vous ai dit, dans ma dernière lettre, comment je me tirai sans grand dommage de l'affaire des brugnons ; mais je n'avais reculé que pour mieux sauter, et le général s'était évidemment promis de m'accommoder de bonne façon à la première occasion favorable.

Chose bizarre, ma première punition, pourtant corsée, et la terrible fessée que j'avais vu administrer à Jemima ne n'avaient produit d'autre effet que de me rendre, si possible, plus audacieuse. J'aurais voulu me venger de Sir Eyre et de Mme Mansell, mais aucun de mes plans de vengeance ne me donnait satisfaction. Si j'avais pu arriver à mes fins, peu m'eût importé ce qui en serait résulté pour moi.