Sir Eyre. — Et vous, Jemima. Est-ce vous?
Jemima. — Oh! mon Dieu! monsieur! Mais je n'ai même jamais touché de ronces de ma vie!
Sir Eyre. — Jane, êtes-vous coupable ou non, ou soupçonnez-vous quelqu'un?
Jane. — Oh! non! monsieur, je vous l'affirme.
Sir Eyre. — Donc il y a parmi vous une fieffée menteuse. Rosa, comme vous êtes la plus jeune, je vous punirai en premier, peut-être en attendant, déciderez-vous la coupable, si ce n'est vous, à se dénoncer.
Puis, se tournant vers Mme Mansell : « Préparez-la, dit-il, elle n'a pas reçu la fessée telle qu'elle la méritait, l'autre jour. Mais aujourd'hui, elles auront toutes les trois leur compte, quand je devrais y passer toute la nuit. Jane et Jemima aidez Mme Mansell. »
Mes idées étaient moins tournées vers ce que j'allais recevoir que vers le tableau qu'allaient m'offrir les autres et dont je me réjouissais par anticipation, j'escomptais les sensations que j'avais déjà éprouvées quand Jemima avait été si sévèrement punie. Elles m'eurent bientôt enlevé ma robe de soie bleue et elles m'attachaient sur le cheval, quand le général les arrêta, pris d'une autre idée.
— Halte! Halte! cria-t-il. Jemima va la mettre sur son dos.
Je fus alors relâchée, et, mes jupons ayant été bien retroussés par dessus mes épaules, je fus hissée à califourchon sur le large dos de Jemima ; mes bras entourant son cou furent solidement ficelés par les poignets et mes jambes attachées de même sous la taille ; j'étais ainsi splendidement exposée et ma posture faisait tendre ma peau. Comme Mme Mansell allait ouvrir mon pantalon, Sir Eyre s'écria : « Non! Non! Je vais me servir de ce fouet… Jemima, trottez tout autour de la chambre pour que je sois à bonne distance. »
Ces mots furent accompagnés d'un claquement sec du fouet, dont la lanière s'abattit sur ma croupe.