Ce qui reste des minces pantalons est déchiré et arraché, et nous nous ruons de nouveau à coups de verges sur les petites victimes pantelantes et nous ne nous serions pas arrêtées, si Jane ne nous avait fait remarquer que Minnie était évanouie et que Lucy ne valait guère mieux.

Où les détache, on leur bassine les fesses et la figure avec de l'eau fraîche, on leur fait respirer des sels et on les ranime. Puis on leur fait boire, ainsi qu'à leur mère, du champagne additionné d'un énergique cordial.

Mme White, qui a été aussi délivrée, berce ses filles sur ses genoux ; elle les couvre de caresses et de baisers, se lamente et pleure nerveusement à la vue de leurs petits culs écorchés : « Pauvres trésors! crie-t-elle, Ah! Miss Coote! comme vous avez été barbare avec ces pauvres innocentes!

Miss Coote. — Je vous conseille de les appeler innocentes, quand c'est vous-même qui leur avez appris à voler! Attendez un peu, ça va bientôt être votre tour de vous confesser.

Mme White, d'une voix tremblante. — Excusez-moi, je ne sais pas ce que je dis, mon cœur de mère saigne de voir leurs pauvres derrières.

Miss Coote. — Lâchez-les! Mary va les panser et elle reviendra nous aider à ranimer leur maman qui m'a l'air terriblement déprimée.

Un éclat de rire accompagne cette ironique remarque. Jane revient bientôt et se met en devoir de disposer Mme White pour la correction qui l'attend.

Miss Coote. — Écartelez-la bien sur l'échelle ; c'est la plus coupable de la bande, elle a entraîné son mari et elle a obligé ses enfants à participer au vol.

Mme White. — Mais je ne pensais pas que vous vouliez garder le trop plein du jardin, il aurait été perdu!

Miss Coote. — Alors pourquoi votre mari ne m'a-t-il pas demandé ce qu'il fallait en faire? N'avez-vous pas employé cet argent à vous acheter des rubans et des parures?