La victime. — Ah! de pareilles souffrances sont-elles possibles! Si vous devez continuer, j'aime mieux mourir de suite.
Miss Coote. — Taisez-vous, grosse éhontée! Volerez-vous encore? Élèverez-vous vos enfants dans l'honnêteté, maintenant? Que dites-vous de cette distribution de coups de verges? Je suis sûre que cela vous réchauffera les fesses!
Les coups se succèdent, les brindilles se brisent au contact des fesses, non sans dégâts pour celles-ci. Mme White hurle sa souffrance aux échos de la salle : « Ahh! atroce! atroce! Ce sont des fers rouges que vous m'enfoncez dans la chair! oui! j'avoue! je l'ai mérité! assez! assez! pitié! jamais je ne recommencerai. »
Impassible, la fouetteuse poursuit son œuvre ; le sang coule de la chair tuméfiée ; la large surface des reins, des fesses, des cuisses, des hanches, pas le plus petit coin n'est resté indemne. S'enroulant autour des hanches, les brindilles atteignent le ventre, arrachant des poils à la sombre toison. Elles visitent l'intérieur des cuisses, et au sommet de celles-ci, la fente mystérieuse n'est pas davantage épargnée, et sur ses lèvres rebondies, pointent de fines gouttes de sang!
Des feuilles de figuier déchiquetées et éparpillées, il ne reste que les fils qui les assemblaient, et qui pendent maintenant sur ses fesses et ses cuisses se collant à la peau à vif. On dirait l'armature d'un feu d'artifice tiré.
Calme au début, Miss Coote semble avoir perdu toute mesure. Elle est en proie à une véritable frénésie et frappe à tort et à travers avec une énergie furibonde. Elle sermonne la victime, lui enjoint d'envoyer régulièrement ses filles à l'église le dimanche, d'observer le septième commandement : « Tu ne déroberas pas le bien de ton prochain! »
Comme on le pense, Mme White n'entend pas la moitié de ces objurgations. Elle n'a plus la force de crier. Elle balbutie : « Oh! mon Dieu! Je m'évanouis! Que je meure pardonnée! Tu ne voleras pas! Tu ne voleras pas! Mon Dieu! Comme je suis punie! Enfin elle s'évanouit et la verge la mutile encore, alors qu'elle ne peut plus sentir les coups!
Jane et Mademoiselle ont suivi la scène d'un bout à l'autre avec un plaisir indescriptible.
La malheureuse est débarrassée de ses liens. Les traces profondes des cordes à ses poignets et à ses chevilles sont un cruel témoignage des tortures que sa position distendue a dû lui causer. Quant à son derrière, à ses reins et à ses cuisses, ce n'est plus qu'un vaste champ de chair à vif, de cloques, de sillons rouges et bleus ; les gouttes de sang ornent d'étoiles rouges la toison qui garnit le bas du ventre et celle qui encadre le réduit d'amour.
Jane, Mary et Polly épongent la pauvre femme et la soulagent de leur mieux. On la ranime par des aspersions d'eau froide ; puis, lorsqu'elle peut se tenir debout, on lui fait boire plusieurs verres de champagne et on la reconduit chez elle.