L'Empereur part pour le quartier général de maréchal Ney, il était arrivé à onze heures du soir. Il a reçu le maréchal, il lui a dit, en riant: «Comment, monsieur le maréchal Ney, vous avez laissé vous battre par les Russes?» Le maréchal lui dit: «Sire, je vous jure sur ma parole d'honneur, ce n'est pas ma faute. Ils m'ont attaqué, que je ne m'y attendais pas, même avec grande force, et moi, j'avais, dans ce moment-là, bien peu de monde!»
Je voyais que les larmes roulaient dans les yeux de maréchal. Il n'était pas trop content d'avoir battu en retraite.
L'Empereur disait au maréchal Ney, en soupant avec: «C'est rien, ça; nous réparerons cette faute-là!»
Le lendemain, nous avons commencé, dans tous les points, d'attaquer l'ennemi et poursuivre jusqu'à Friedland, en passant par Eylau, que nous avions donné une grande bataille dans l'hiver.
C'est le prince Murat qui commande toute la cavalerie de l'armée, même il avait le titre de lieutenant de l'Empereur.
En arrivant à Friedland, nous avons trouvé toute l'armée russe en bataille, devant une rivière assez forte.
Le lendemain, l'Empereur fait attaquer par les tirailleurs, et la force de l'armée était cachée dans les bois.
En attendant, pour faire connaître les forces de l'ennemi, et après avoir fait bien engager dans tous les points, on a tiraillé, depuis sept heures du matin, jusqu'à trois heures après midi.
Après que l'Empereur a vu que l'ennemi tenait ferme, il fait engager dans tous les points, comme il désirait. Il fait venir, au même moment, le maréchal Ney, il lui ordonne qu'il prenne cette division et qu'il marche, au pas de charge, sur le pont qui se trouvait derrière la ville, et les deux autres divisions soutiendront par la droite.
Le maréchal dit à l'Empereur: «Oui. Sire, je vais exécuter les ordres de
Votre Majesté, et Elle sera satisfaite, je l'espère.»